Thursday, September 10, 2026

Normandin (par la Boisvert)

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Fête du travail 2026 (en 5 jours du 31 aout au 5 septembre, incluant un premier jour sans canot)

Débit: moyen-bas (Ashuapmushuan est passé de 125 à 230 pendant l'expé; lors du passage des R3, le débit tournait autour de 145)

Parcours: 72 kilomètres, depuis le lac La Blanche (accès 9) jusqu'aux premiers kilomètres de la rivière Ashuapmushuan (accès 5), les deux accès étant proches de la 167

Classe: eaux vives et rapides R1 à R3 sur moins de 10% du parcours; lacs et planiols. Le niveau d'eau était suffisant et plaisant pour tous les rapides.

Portage: plusieurs sentiers existent pour contourner des rapides mais nous avons seulement utilisé celui au niveau du km 205 pour portager le stock jusqu'au GD et descendre les canots allèges

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Le groupe constitué de moi, Adrienne, ma sœur Hélène en visite de France et quatre amis kayakistes (François, Guillaume, Laurianne et Catherine) s'est rassemblé au village de Saint-Félicien le lundi 31 août vers midi. Le reste de la route (1h30 sur la 167) consistait à s'arrêter signer une décharge à l'accueil sud, laisser une auto au take-out (#5) et monter au put-in près du lac Charron (#9). 

Arrivés sans encombre au put-in, nous avons trié notre équipement de groupe puis installé notre campement. Après avoir mangé un bon couscous aux merguez, cette première nuit de camping fut plus dégagée et froide que les suivantes. 


Au petit matin, il fait très beau et la température remonte. Ni les lacs, avec un faible vent, ni les passages de classe 1 ne posent de problème aux débutants de notre groupe. Je dis débutant mais tout le monde a de bonnes habiletés transférables comme la lecture de rivière par exemple. Guillaume, en canot solo dans un pocket canyon, a plus d'un tour dans son sac pour progresser aussi vite que les tandems.


À deux endroits au moins, on voit un ensemble de trois poteaux verticaux rapprochés qui servaient sans doute d'ancrage pendant la drave. Au dîner, sur une petite plage 3B (3 belles places de tente en arrière), on se baigne brièvement car l'eau de septembre est rendue fraîche au lac. 

Il y a un passage avec une grande baie qui finit en impasse mais on n'est pas dupe et on trouve le passage un peu caché vers le lac Nicabau. Le premier site, trop près de la route, ne nous plait pas. Le prochain cependant, un GB nous convient beaucoup mieux avec sa jolie presqu'île.


Ce site a été un des plus beaux et la soirée clémente qu'on y a passé a été très ressourçante. Le groupe a pratiqué le montage des deux bâches, ce qui a bien servi les autres jours. On a instauré le jeu de piste "trouve la toilette commune" à la frontale, une nouvelle tradition de fin de soirée. On a fait un beau feu pour cuisiner le soir et le matin et on s'est baigné dans le spot privé permis par la configuration de la presqu'île. 

Les abords de lac étant peufonds (nouveau mot soumis à l'approbation du Larousse; traduction de pekua en innu ou shallow en anglais), il fallait chercher un peu pour trouver où s'immerger. Adrienne a d'ailleurs inventé un nouveau loisir de plein air avec de beaux spots de pratique au lac St-Jean: la marche en eau libre.


Pendant la nuit, les huards chantent sur le grand lac. On se lève tôt naturellement (je ne sais pas si tout le monde sera d'accord avec moi...), et on décolle vers 9h30. Pour traverser le lac Nicabau, Guillaume ne se laisse pas démonter et utilise sa pagaie de kayak. Ceci va sauver son expédition car le vent a tout de même été assez présent.


On voit 2-3 bateaux de pêcheurs sur le lac et on ne croise aucun autre canoteur. Le son de la route s'éloigne et devient quasiment imperceptible. On passe sans difficulté quelques petits rapides dont le R2 avec les billots rive gauche indiqués sur cartespleinair.org. À ce débit, le courant principal est à droite et il est facile de se rendre dans cette veine.


On s'arrête tôt ce jour là (à 14h30 dans un GC: grand site correct) à cause d'une prévision météo obtenue par François indiquant de la forte pluie pour 17h. La traversée du lac Ducharme nous met au défi avec un bon vent de côté. On se permet tout de même d'admirer l'alignement d'anciens socles (probablement pour une voie ferroviaire utilisée pendant la drave).


Arrivés tôt au site mais avec la pluie en tête, le dilemme entre les bâches de groupe et la tente personnelle est déchirant. Mais c'est fièrement que nos deux bâches se chevauchent, montées indépendamment et relevées au centre par une corde tendue entre deux arbres, créant ainsi l'abri qui nous a permis de passer à travers une grosse pluie de plusieurs heures. À la demande de Catherine, une mini accalmie improbable, nous a permis de nous glisser dans nos tentes sans trop se mouiller.

Les pluies de cet été ont laissé une végétation luxuriante, un débit d'eau qu'on ne peut pas qualifier d'étiage et plein de champignons sauvages dans le bois. Quel bonheur!


Le lac Ducharme le lendemain était rendu complètement calme à notre départ vers 9h pour une grosse journée de rattrapage. Guillaume a pu reprendre la pagaie de canot et tester ses propulsions en débordé et on a tous pu admirer nos reflets dans l'eau alors que les nuages décoraient le ciel.



On descend une belle section de rapides (R2/3, R2 puis quelques R1). Il fait plutôt chaud ce jour là. Par chance, on tombe sur une super plage pour se baigner et se restaurer à midi. On avance bien et on rejoint le portage de 560 mètres vers 14h30, après avoir parcouru une bonne vingtaine de kilomètres.



Le long rapide de classe 2(3) se démarque par sa complexité. Il faut planifier une ligne passant d'une rive à l'autre et inversement puis évitant des trous et des roches dans le courant principal. On décide de camper au site GD (D comme Dépannage) situé au milieu du sentier de portage car après repérage, on ne voit pas de site au bout du sentier. On vide aussi le stock des canots pour les alléger et pour que ceux qui ne descendent pas les canots puissent commencer à monter le campement. 


Après avoir aidé lors du demi-portage, François, Guillaume, Laurianne et moi descendons les 4 canots en deux "vagues". C'est vraiment fun et les canots se retrouvent en bas sans avoir frappé de roche. Juste un peu d'eau à écoper et encore. 

En parallèle, l'absence d'eau au site force l'utilisation d'un drybag de 30L comme réservoir de fortune. Au final, le camp s'avère tout à fait adéquat pour notre groupe, malgré quelques brûlots tannants. La cote D est un peu sévère. 

Après une partie de dés, certains d'entre nous revisite la légende des naufragés de la bâche qui raconte l'histoire de voyageurs s'étant fait prendre par une pluie soudaine avant le coucher et qu'on entend encore parfois murmurer le soir dans nos tentes.



Notre avant dernière journée consiste à rejoindre le site ancestral de campement innu près du pont ferroviaire au km 190. Le vent et la pluie se mettent un peu de la partie et ralentissent sensiblement notre progression, sauf pour le dîner lors duquel une belle éclaircie nous permet une pause agréable dans un rare site de cette portion de rivière. On ne trouve pas d'autres vestiges de la drave ou autochtones mais on croise un beau barrage de castor qui fait monter les eaux du lac connexe avant d'arriver au grand et beau site GB.


On voit plusieurs bateaux de pêcheurs passer en fin d'après-midi dans le chenal. Ceci nous motive moi et François mais on reste malheureusement bredouilles. On se console encore avec les belles récoltes de champignons (lactaire couleur de suie, armillaire commun, lactaire des épinettes, craterelle en tube, homard, amanite fauve, cortinaire ridé).



Le lendemain, il fait encore un temps variable. Là ou la rivière Ashuapmushuan débute, on voit un gros anneau ancré dans une roche. Ceci servait à tirer un câble d'une rive à l'autre, empêchant les pitounes de s'engager dans la décharge du lac Denaut. 

On arrive finalement au take-out vers midi après avoir encore croisé quelques chaloupes de plus avec de courageux pêcheurs bravant la pluie, comme nous en fait. 

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