Thursday, September 10, 2026

Normandin (par la Boisvert)

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Fête du travail 2026 (en 5 jours du 31 aout au 5 septembre, incluant un premier jour sans canot)

Débit: moyen-bas (Ashuapmushuan est passé de 125 à 230 pendant l'expé; lors du passage des R3, le débit tournait autour de 145)

Parcours: 72 kilomètres, depuis le lac La Blanche (accès 9) jusqu'aux premiers kilomètres de la rivière Ashuapmushuan (accès 5), les deux accès étant proches de la 167

Classe: eaux vives et rapides R1 à R3 sur moins de 10% du parcours; lacs et planiols. Le niveau d'eau était suffisant et plaisant pour tous les rapides.

Portage: plusieurs sentiers existent pour contourner des rapides mais nous avons seulement utilisé celui au niveau du km 205 pour portager le stock jusqu'au GD et descendre les canots allèges

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Le groupe constitué de moi, Adrienne, ma sœur Hélène en visite de France et quatre amis kayakistes (François, Guillaume, Laurianne et Catherine) s'est rassemblé au village de Saint-Félicien le lundi 31 août vers midi. Le reste de la route (1h30 sur la 167) consistait à s'arrêter signer une décharge à l'accueil sud, laisser une auto au take-out (#5) et monter au put-in près du lac Charron (#9). 

Arrivés sans encombre au put-in, nous avons trié notre équipement de groupe puis installé notre campement. Après avoir mangé un bon couscous aux merguez, cette première nuit de camping fut plus dégagée et froide que les suivantes. 


Au petit matin, il fait très beau et la température remonte. Ni les lacs, avec un faible vent, ni les passages de classe 1 ne posent de problème aux débutants de notre groupe. Je dis débutant mais tout le monde a de bonnes habiletés transférables comme la lecture de rivière par exemple. Guillaume, en canot solo dans un pocket canyon, a plus d'un tour dans son sac pour progresser aussi vite que les tandems.


À deux endroits au moins, on voit un ensemble de trois poteaux verticaux rapprochés qui servaient sans doute d'ancrage pendant la drave. Au dîner, sur une petite plage 3B (3 belles places de tente en arrière), on se baigne brièvement car l'eau de septembre est rendue fraîche au lac. 

Il y a un passage avec une grande baie qui finit en impasse mais on n'est pas dupe et on trouve le passage un peu caché vers le lac Nicabau. Le premier site, trop près de la route, ne nous plait pas. Le prochain cependant, un GB nous convient beaucoup mieux avec sa jolie presqu'île.


Ce site a été un des plus beaux et la soirée clémente qu'on y a passé a été très ressourçante. Le groupe a pratiqué le montage des deux bâches, ce qui a bien servi les autres jours. On a instauré le jeu de piste "trouve la toilette commune" à la frontale, une nouvelle tradition de fin de soirée. On a fait un beau feu pour cuisiner le soir et le matin et on s'est baigné dans le spot privé permis par la configuration de la presqu'île. 

Les abords de lac étant peufonds (nouveau mot soumis à l'approbation du Larousse; traduction de pekua en innu ou shallow en anglais), il fallait chercher un peu pour trouver où s'immerger. Adrienne a d'ailleurs inventé un nouveau loisir de plein air avec de beaux spots de pratique au lac St-Jean: la marche en eau libre.


Pendant la nuit, les huards chantent sur le grand lac. On se lève tôt naturellement (je ne sais pas si tout le monde sera d'accord avec moi...), et on décolle vers 9h30. Pour traverser le lac Nicabau, Guillaume ne se laisse pas démonter et utilise sa pagaie de kayak. Ceci va sauver son expédition car le vent a tout de même été assez présent.


On voit 2-3 bateaux de pêcheurs sur le lac et on ne croise aucun autre canoteur. Le son de la route s'éloigne et devient quasiment imperceptible. On passe sans difficulté quelques petits rapides dont le R2 avec les billots rive gauche indiqués sur cartespleinair.org. À ce débit, le courant principal est à droite et il est facile de se rendre dans cette veine.


On s'arrête tôt ce jour là (à 14h30 dans un GC: grand site correct) à cause d'une prévision météo obtenue par François indiquant de la forte pluie pour 17h. La traversée du lac Ducharme nous met au défi avec un bon vent de côté. On se permet tout de même d'admirer l'alignement d'anciens socles (probablement pour une voie ferroviaire utilisée pendant la drave).


Arrivés tôt au site mais avec la pluie en tête, le dilemme entre les bâches de groupe et la tente personnelle est déchirant. Mais c'est fièrement que nos deux bâches se chevauchent, montées indépendamment et relevées au centre par une corde tendue entre deux arbres, créant ainsi l'abri qui nous a permis de passer à travers une grosse pluie de plusieurs heures. À la demande de Catherine, une mini accalmie improbable, nous a permis de nous glisser dans nos tentes sans trop se mouiller.

Les pluies de cet été ont laissé une végétation luxuriante, un débit d'eau qu'on ne peut pas qualifier d'étiage et plein de champignons sauvages dans le bois. Quel bonheur!


Le lac Ducharme le lendemain était rendu complètement calme à notre départ vers 9h pour une grosse journée de rattrapage. Guillaume a pu reprendre la pagaie de canot et tester ses propulsions en débordé et on a tous pu admirer nos reflets dans l'eau alors que les nuages décoraient le ciel.



On descend une belle section de rapides (R2/3, R2 puis quelques R1). Il fait plutôt chaud ce jour là. Par chance, on tombe sur une super plage pour se baigner et se restaurer à midi. On avance bien et on rejoint le portage de 560 mètres vers 14h30, après avoir parcouru une bonne vingtaine de kilomètres.



Le long rapide de classe 2(3) se démarque par sa complexité. Il faut planifier une ligne passant d'une rive à l'autre et inversement puis évitant des trous et des roches dans le courant principal. On décide de camper au site GD (D comme Dépannage) situé au milieu du sentier de portage car après repérage, on ne voit pas de site au bout du sentier. On vide aussi le stock des canots pour les alléger et pour que ceux qui ne descendent pas les canots puissent commencer à monter le campement. 


Après avoir aidé lors du demi-portage, François, Guillaume, Laurianne et moi descendons les 4 canots en deux "vagues". C'est vraiment fun et les canots se retrouvent en bas sans avoir frappé de roche. Juste un peu d'eau à écoper et encore. 

En parallèle, l'absence d'eau au site force l'utilisation d'un drybag de 30L comme réservoir de fortune. Au final, le camp s'avère tout à fait adéquat pour notre groupe, malgré quelques brûlots tannants. La cote D est un peu sévère. 

Après une partie de dés, certains d'entre nous revisite la légende des naufragés de la bâche qui raconte l'histoire de voyageurs s'étant fait prendre par une pluie soudaine avant le coucher et qu'on entend encore parfois murmurer le soir dans nos tentes.



Notre avant dernière journée consiste à rejoindre le site ancestral de campement innu près du pont ferroviaire au km 190. Le vent et la pluie se mettent un peu de la partie et ralentissent sensiblement notre progression, sauf pour le dîner lors duquel une belle éclaircie nous permet une pause agréable dans un rare site de cette portion de rivière. On ne trouve pas d'autres vestiges de la drave ou autochtones mais on croise un beau barrage de castor qui fait monter les eaux du lac connexe avant d'arriver au grand et beau site GB.


On voit plusieurs bateaux de pêcheurs passer en fin d'après-midi dans le chenal. Ceci nous motive moi et François mais on reste malheureusement bredouilles. On se console encore avec les belles récoltes de champignons (lactaire couleur de suie, armillaire commun, lactaire des épinettes, craterelle en tube, homard, amanite fauve, cortinaire ridé).



Le lendemain, il fait encore un temps variable. Là ou la rivière Ashuapmushuan débute, on voit un gros anneau ancré dans une roche. Ceci servait à tirer un câble d'une rive à l'autre, empêchant les pitounes de s'engager dans la décharge du lac Denaut. 

On arrive finalement au take-out vers midi après avoir encore croisé quelques chaloupes de plus avec de courageux pêcheurs bravant la pluie, comme nous en fait. 

Thursday, July 9, 2026

Samaqua

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Fête du Canada 2026 (en 8 jours du 26 juin au 3 juillet, incluant un jour de "congé")

Débit: bas (La Mistassini a baissé de 170 m3/s à 120 m3/s). 200 m3/s serait préférable comme minimum.

Parcours: 121.5 kilomètres, depuis l'affluent issu du lac de tête (au pont) jusqu'à la Mistassini (sortie 5 kilomètres après l'embouchure de la Samaqua)

Classe: EV (1)

Portage: aucun. Halage occasionnel en cas de niveau bas.

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La Samaqua, dont on voit l'embouchure à la jonction avec la grande rivière Mistassini, m'interpelait depuis un certain temps. Son nom veut dire "aplatie" ou "écrasée" en innu apparemment. La carte disponible sur cartespleinair.org qui date de quelques décennies n'indique aucun site et pratiquement aucun rapide. Je me disais que ce manque de détail recélait quelque chose. Je me lance donc ici dans un relevé dithyrambique au sujet de cette rivière méconnue.

Nos amis Val et André étaient partants pour se joindre à nous avec leur chienne Comète. En cette période de fin juin, et ce malgré l'abondance anticipée de mouches, la Samaqua nous est apparue comme un choix intéressant vu qu'un document de 2011 sur le potentiel des rivières de la MRC de Maria-Chapdelaine suggérait d'y aller avant l'étiage.

J'avais contacté Dan de l'institut de kayak Ho'omau pour le service de navette et nous sommes donc montés au put-in dans son camion avec les 2 canots sur le toit par le rang St-Joseph Nord pour la majeure partie du trajet. Le take-out était pour sa part bien indiqué sur les cartes de la Mistassini (situé au km 71 de la rivière), situé 15 km passé Girardville au niveau de l'entreprise de foresterie Resolute. On peut y laisser les autos sans problème pour la semaine.

Nous avons quitté le rang St-Joseph Nord au pont 12 km avant celui de l'image ci-dessous mais je pense qu'il vaut mieux pousser jusqu'au pont suivant (km 77.5 depuis Resolute), et passer au nord du lac Kanushemuakushkatsh pour rester sur un chemin plus carrossable.


Nous étions donc au put-in du pont (au km 122 de la rivière) avant 10h du matin, prêts à débuter la découverte.


Les mouches étaient très raisonnables et commençaient juste à devenir tannantes quand nous avons pu décoller une fois chargés. Sur l'eau, c'est devenu tout de suite plus plaisant et la longue section d'eau vive sur une dizaine de kilomètres nous a comblé en cette première journée. Côté niveau d'eau, c'était suffisant mais un peu plus n'aurait pas fait de mal. Je ne remarque pas de trace de peinture sur les roches ce qui indique que la rivière n'est pas canotée très souvent selon moi.


On s'arrête tôt et on monte le camp alors qu'un orage menace. Les bibittes sont là et l'abri moustiquaire n'en mène pas large avec le fort vent. On sécurise d'avantage nos poteaux, piquets et cordes et on passe à travers sans que la pluie ne se décide vraiment à nous tomber dessus. Au moment du souper, les insectes se sont réfugiés et on se pense bien tranquilles en dehors de l'abri et sans nos filets. C'est alors qu'une bonne partie du souper smoked meat échappe de justesse à une perte certaine quand Comète, prise dans son filet, dégringole de sa chaise quasiment directement dans le plat. Le filet était pourtant une belle invention pour envelopper la chienne sur sa chaise et la protéger, elle aussi, des mouches.


Alors qu'on figurait comment monter l'abri avec sa bâche par-dessus (technique éprouvée ce soir-là qui sera répétée tous les soirs suivants), les mouches noires et autres insectes insupportables s'en étaient donné à cœur joie en me dévorant une oreille qui n'a repris sa forme normale que le surlendemain.


Le lendemain, un bon petit vent chassait les mouches. Ce vent a d'ailleurs été assez présent pendant toute l'expédition et on s'en félicite. En contrebas d'un des rares chalets, jouqué sur un promontoire comme la plupart, on a vu une chouette des marais décoller proche de nous. Dans la section de méandres qui va durer 30 kilomètres, le courant est faible avec une meilleure profondeur. On peut donc sortir nos pagaies de lac et admirer les premières falaises de sable. Il y a moins d'options pour un site de campement alors on pousse un peu plus loin et on fait une vingtaine de kilomètres en ce 2ème jour.


On finit par élire domicile sur une petite plage juste assez grande pour nos deux tentes et notre abri. Il n'y a plus de roches pour les ancrages mais le vent s'est calmé en cette fin de journée. On écoute un martin pêcheur répéter avec insistance son cri de dissuasion et parfois rentrer dans son nid, un trou creusé dans la falaise de sable. En soirée, comme pour lui donner raison, un castor mécontent frappe l'eau fréquemment indiquant qu'on est clairement des intrus en ces lieux. Comète l'observe sans japper, subjuguée par son attitude peu accueillante.


La 3ème journée, on est encore dans la section de méandres avec quelques plages éparses sur lesquelles on observe régulièrement des traces d'orignaux. On trouve un joli spot pour le midi et il fait bien chaud ce jour-là. On s'adonne donc encore plus à notre sport national de canoteurs: la baignade. Rendus au kilomètre 80 sur la rivière, on s'arrête pour la nuit; le sable est vraiment chaud et le temps tourne à l'orage. Au coucher, qui a lieu assez tôt alors qu'il fait encore clair, on invente une nouvelle façon d'utiliser notre sac à viande (liner) en y insérant notre matelas de sol afin d'avoir juste un drap de dessous bien tendu sur lequel on s'allonge en dehors du sac de couchage pour une bonne partie de la nuit. Les grondements du tonnerre résonnent dans la vallée alors que l'on rejoint le sommeil.

Le déjeuner de semoule chocolat et poire concoctée par Valérie est délicieux et c'est bien reposés par la nuit qu'on débute notre 4ème journée sur la rivière. Ce n'est plus méandreux et les lignes droites assez venteuses ralentissent un peu notre progression. On remonte un affluent sur 650 mètres et on trouve une petite plage pour le diner. Comète se prend pour un poisson et cherche à attraper mon leurre avant ceux-ci... Elle s'est mise à la baignade, comme André d'ailleurs, donc la pêche sportive porte bien son nom car notre petite amie canine vient ajouter un degré de difficulté supplémentaire à la pratique.


On poursuit ensuite jusqu'à un pont, assez récent, au kilomètre 66. Ce ne serait pas une mise à l'eau pratique car les berges sont très hautes et on ne voit pas de chemin. Après, on voit plusieurs chalets rive droite et on entend un site de travail (coupe forestière?) dans les environs. On s'arrête un peu plus loin, après les chalets et en face d'une cache, sur la très grande plage d'un beau fer à cheval. C'est vraiment inattendu de trouver un si beau spot car les bons sites semblaient se raréfier depuis environ 48 heures. On décide de rester sur place le lendemain et passer deux nuits dans ce premier GA.


Le lendemain, on occupe notre journée de congé de canot à se baigner, lire, tester ou réparer l'équipement, cuisiner, défricher un court sentier vers le bois, observer les fleurs, les hirondelles et les canards. On écoute aussi les parulines chanter en les identifiant à l'aide de Merlin (à collier, flamboyante, obscure, des ruisseaux, à joues grises, à tête cendrée, à croupion jaune, masquée, du Canada, jaune, à flancs marrons) Il y a un bras mort en face qui permet une courte balade en canot et la baignade dans le courant le long de la plage est aussi très plaisante. On apprend aussi à utiliser efficacement le batte-feu en ferrocérium.

Le ciel un peu voilé semble révéler la présence d'un feu de forêt dans la région. On apprendra plus tard que la foudre a déclenché un gros feu une petite centaine de kilomètres à l'ouest. Des fermetures de routes et interdictions de feu à ciel ouvert ont aussi été déclarées alors qu'on était déjà dans le bois.

Après avoir quitté notre beau site la 6ème journée, le vent se lève dans une section ouverte en ligne droite et ma serviette placée derrière moi s'envole et disparait dans les flots sans que je le remarque. Ça me met en maudit et tout ce que je trouve à penser est d'espérer que quelqu'un la trouve un jour et l'adopte. À un moment donné, une bourrasque sortie de nulle part nous fait reculer et nous décale violement vers la berge. 

Plus tard le vent retombe et la rivière change aussi de caractère avec une autre belle section de méandres avec eau vive et quelques passages gratte cailloux. La rivière a baissé chaque jour sauf un des premiers matins de l'expé ou elle avait remonté un peu. Elle redevient plus profonde ensuite et de belles roches et falaises font leur apparition. La chaleur s'installe aussi et on cherche l'ombre, Adrienne et moi.


À cet endroit, après 25 kilomètres parcourus ce jour-là, il y a une coupe récente sur la rive gauche. André et Valérie, un peu à l'affut car la journée avance, nous dégotent un beau site juste après la coupe aux environs du kilomètre 39 sur la rivière. C'est sur la berge surélevée de quelques mètres, en bordure d'un boisé. L'accès n'est donc pas super évident mais ça fait changement de nos sites précédents, ouverts et sablonneux. Un sentier avec une gélinotte et son petit et des beaux sabots de la vierge (Cypripède royal) longe la rivière vers l'aval, et au bout on trouve une plage ou se baigner par cette autre journée ou la chaleur a été assez accablante. On voit une trace d'ours sur la plage.


C'est aussi le site ou l'un des 3 courts R1 de l'expédition se trouve. André va pêcher en fin d'après-midi et ramène un gros brochet qu'on s'est ensuite fait un plaisir de déguster en entrée. On s'est régalé lors de cette expédition avec les oeufs McMuffin, du dahl, de la bannique, des crêpes, du risotto (André a trouvé un cèpe d'Amérique!), des salades de pâtes et couscous, des soupes, du spaghetti, du chili et j'en passe.


Le 7ème jour, un jeudi, on croise une indication pour une auberge et on entend une personne couper du bois. Certaines sections plus larges demandent une bonne analyse des meilleures veines pour éviter de s'échouer. L'eau dans laquelle on continue de se baigner régulièrement est beaucoup moins froide qu'elle ne l'était en début d'expédition une semaine plus tôt, sans doute grâce au temps chaud combiné au fait d'avoir parcouru une centaine de kilomètres peu profonds et tranquilles. Un grand chevalier apparemment territorial vole en rase mottes au dessus de nous tout en s'époumonant à grands cris, on peut admirer ses grandes pattes jaunes de près. Notre dernier soir se passe au kilomètre 18 de la rivière après avoir parcouru une bonne vingtaine de kilomètres. 

On pensait avoir une huitième nuit mais on s'est finalement rendu jusqu'au take-out le vendredi, faute de trouver un bon site. Ce fût une expédition particulièrement relaxante et scénique; une belle découverte qui a surpassé nos attentes.

Tuesday, September 2, 2025

Batiscan - de Miguick à Exit Nature

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fête du travail 2025

Débit: moyen-bas (35 à 39) - pondération de 0.64 appliquée à la jauge

Parcours: 46 kilomètres de l'île à la croix (put-in des portes de l'enfer) jusqu'au navetteur "Exit Nature" au pied du Mont Otis

Classe: 3(4) pour le premier gros tiers; ensuite 1(2,3)

Portage: un recommandé au seuil des militaires - à repérer en tout temps

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Nous nous sommes décidés à tenter l'expérience kayak-camping sur la section des portes de l'enfer à bas niveau. Céline s'est jointe à nous et nous avons contacté Exit Nature à ND de Montauban pour une navette simple (la conductrice monte avec nous et redescend notre auto au take-out).

Le tout organisé, nous nous sommes rejoint à Repentigny puis sommes partis dans une auto vers Lac-des-sables sous la grosse pluie. Les plans ont donc divergés vers le motel pour ce soir d'approche.

Assez tôt le lendemain, nous avons fini le trajet et avons croisé un coyote sur la route. C'était cocasse car nous avions aussi vu un autre individu sur les 21 milles avec Céline en kayak camping en 2024. Arrivés à Exit Nature au pied du mont Otis et après avoir admiré les beaux chatons gris, nous sommes repartis accompagnés de France, notre "shuttle bunny" comme on dit. 

Pendant la navette, assez longue, on a pas tourné à gauche sur la 2 au niveau de la 1ère pancarte pour le camping Bellevue... Après avoir fait 5km, on s'est rendu compte de l'erreur et nous avons finalement rejoins l'île à la croix avant midi.


La pluie semblait derrière nous malgré un ciel encore nuageux et le premier rapide des 3 roches débutait la descente d'une façon plutôt corsée. Au rapide suivant "les rouleaux", Adrienne a préféré marcher le long de la voie de chemin de fer. C'est un bon enchaînement de rouleaux avec un seuil final que Céline a donc fait deux fois (son kayak et celui d'Adrienne en mode "tippy toes" car trop dur à bien ajuster).


On avait ensuite une section plus facile avec tout de même deux autres rapides cotés classe 3 sur la carte. Nous sommes arrivés au site rive droite près de la rivière Serpentine (juste avant le seuil des militaires). C'est un très beau site avec une cascade et on devine que c'était un camp de drave à l'époque. La petite rivière Serpentine contient un impressionnant muret de canalisation plus en amont.


Le signe pour la bécosse de type "thunder box" était plutôt joli et on avait de beaux espaces plats pour nos tentes.


Il faisait encore frais et bruineux alors nous avons installé la bâche. Le feu nous a réchauffé et nous sommes allé nous coucher le ventre bien plein d'un bon risotto aux trompettes.

Le lendemain, la brume ne s'est dissipée qu'au moment où on a mis à l'eau à 9h15. Le seuil des militaires (S5) n'était pas loin alors nous avons débarqué au portage rive gauche pour repérer. On a finalement décidé de tous s'approcher puis j'ai "cordeller" le salto après que moi et Céline aient descendu une ligne "creeky" un peu sketch à gauche.


Il nous restait une floppée de rapides de classe 2 à 3 ainsi que le rapide de la tour (classe 3/4) pour ce dimanche matin. L'équipe était maintenant bien rodée avec Céline en éclaireuse et nous avons pu tous les descendre après certains repérages utiles, parfois sur les roches et parfois depuis les kayaks. Nous avons vu à l'arrivée que le débit s'était bien maintenu juste sous 40 (61x0.64), ce qui était idéal pour notre projet.


Après avoir passé le rapide de la tour en suivant chacun nos lignes choisies avec soin, nous avons fait une pause dîner bien méritée. Adrienne et moi nous sommes aussi saucé brièvement.
 

La petite quinzaine de kilomètres qui a suivi en après-midi n'a pas paru petite en fait. Un pygargue sur la berge nous a redonné un peu de tonus avec son envol majestueux. 

Note: belle plage avant le rapide de la tour

On est arrivés fourbus vers 16h à l'embouchure de l'affluent "rivière à Pierre" rive gauche ou il y a un très beau et grand site. C'était tout de même une grosse journée avec 23 kilomètres parcourus. Heureusement, il faisait très beau et on a pu sécher nos choses. 

La toilette était un peu dure à trouver mais Adrienne a finalement su la dénicher. On avait le site pour nous en ce dimanche soir de longue fin de semaine. J'ai refait le même menu mais cette fois-ci entièrement sur le feu, ce qui était un bon challenge pour le contrôle de la température et a ajouté un petit gout braisé pas déplaisant au plat. 

La nuit étoilée a clos cette belle journée avec des rêves, partagés le lendemain, qui concordaient très peu avec notre réalité en plein-air (science fiction dystopienne pour Céline).


Pour le lundi, il restait une dizaine de kilomètres avec peu de rapides mais la journée était encore splendide alors nous avons su en profiter avec baignade, farniente sur les grandes roches chaudes et tout de même la chute du 10 en kayak.


Infos pratiques
Navette:
Jean René Carpentier 418-336-3259   www.exitnature.com     info@exitnature.com 
429 Route Rousseau (Route 367 Borne 87,5) Notre-Dame-de-Montauban, Québec, Canada G0X 1W0
Carte:
http://www.cartespleinair.org/Canot/05/BatiscanLeduc2022.pdf
Train:
Via Rail
Débit (pondération 0.64):
https://www.cehq.gouv.qc.ca/Suivihydro/graphique.asp?NoStation=050304






















Tuesday, August 26, 2025

Muteshekau shipu (Magpie)

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mi-août 2025

Débit: moyen (98 à 85)

Parcours: une cinquantaine de kilomètres du lac Magpie au portage contournant la "Magpie gorge" ou 4ème grande chute

Classe: 3 (4,5) et quelques chutes

Portages: 3 portages courts sur les roches puis un très long de 1.5km au niveau du take-out

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À la suite d'une suggestion d'expédition "hybride" initiée par André Bélanger, un ami qui dirige la Fondation Rivières, moi et Adrienne avons pu nous inscrire à une expédition de raft guidée par la compagnie Noryak. Il m'a donc été possible de descendre en kayak d'eau vive plutôt qu'en raft et d'inviter un autre ami de calibre à se joindre, Guido. De plus, Rhéal et Carole Ouellet se sont aussi joint au groupe en raft. Nous avions donc un petit noyau d'amis qui s'est fondu au sein de notre beau groupe de 18 personnes, guides inclus.

Denis, Paul et Pierre m'ont prodigué de précieux conseils pour débuter l'activité de la pêche à la mouche. Yves nous a tous impressionnés par son énergie et l'aide constante qu'il apportait aux guides. Il faut dire qu'il était venu en vélo de Montréal si vous pouvez croire cela. John, Daisy, Austin et Emily nous ont parlé de leurs hobbies comme la nage en eau libre longue distance, les compétitions étudiantes de véhicules électriques entre autres. Julien nous partageait avec enthousiasme ses connaissances en gestion de la production électrique au Québec. Mika, Gabriel, Sébastien et Éric nous ont guidés de main de maitres et nous ont cuisinés de fameux repas comme une magnifique croustade sur le feu ou encore des oeufs tournés sur bagel, jugez-en par vous-même.

La rivière Magpie est connue pour s'être fait attitrer en 2021 une personnalité juridique et des droits visant à préserver la qualité de son existence. Ceci est une première en Amérique du Nord et cette reconnaissance, menée par l'Alliance Muteshekau-shipu, le Conseil des Innus d'Ekuanitshit, et la MRC de Minganie, vise à empêcher un futur harnachement de la rivière Magpie.


Les conditions météorologiques ont fait en sorte que nous avons pris l'hydravion un jour plus tard que prévu. Arrivés le lundi midi au lac Magpie, nous avons pu assembler les catarafts qui allaient transporter nos sacs de 110 litres personnels ainsi que toutes les affaires de groupe pour la cuisine et autre. Le grand vent du lac chassait les bibittes et le temps frais se chargeait de les faire battre en retraite. Elles ont été quasiment absentes pendant toute l'expédition.

En tant que cueilleurs aguerris, nous étions aux anges avec la grande quantité de bleuets ainsi que quelques gadelles. La côte nord regorge d'espèces de baies délicieuses comme le chicouté, la camarine noire, l'airelle rouge, l'amélanche, le petit thé des bois (tic-tac). Après avoir campé durant la nuit la plus froide autour de 5 degrés, nous étions prêts vers 10h et demi pour nous engager dans la rivière.

La première journée contenait le plus de gros rapides, en nombre du moins. Le 2ème, un R4 de 150m, dans lequel tout le monde a emprunté le canal de gauche (apparemment plus difficile que celui de droite d'après un bref aperçu depuis l'aval) m'a réservé un accueil un peu trop "chaleureux" mais j'ai trouvé l'inspiration pour sortir de ce mauvais pas. La ligne extrême gauche était finalement plus complexe qu'anticipé. 


Il y avait plus loin "Blanche neige", un magnifique R4 avec une finale évidente. Puis "pointu caché" et "les tiers", rapides classe 4 aussi mais tout de même plus faciles selon mes critères de kayakiste. Et on finissait la journée en beauté au site des fougères après le beau R4 "les marmites" pour lequel un repérage rive gauche m'a été utile. On avait alors parcouru une dizaine de kilomètres et une baignade relaxante, moins fraiche que dans le lac la veille, nous permis de détendre nos muscles.



Au camp le soir, il a fait moins froid que la nuit précédente mais toujours peu de bibittes pour nous achaler. Quelle chance inespérée! La pêche à la mouche ne fut pas fructueuse pour moi mais d'autres pêcheurs plus talentueux ont permis au groupe de gouter à la chair délicieuse des truites mouchetées.

Le lendemain, la journée était belle et les paysages grandioses. Le plan était de faire une quinzaine de kilomètres, donc un peu plus que les autres jours. Il a fallu portager quelques dizaines de mètres à deux places mais c'est surtout de l'ouvrage pour les catarafts (vider les bagages, tirer l'embarcation sur les roches, recharger). Mais nous formions clairement une équipe de feu comme on peut le voir plus bas (au 1er pallier de la chute des femmes, photo du vendredi).


Le premier portage de type "valise" se situe à la chute du porc épic après un seuil classe 3 qui enchaine avec une ligne classe 5, voire deux mais nous n'avons pas pris ce risque et sommes sorti après le S3. Ce n'était pas évident pour les guides d'arrêter les rafts après le seuil. 

Puis, plus tard, le deuxième portage de même type à la grande chute ou le canal principal termine dans un rappel monstrueux (le plus petit canal de gauche a été cordelé puis descendu en raft par les guides).

Un sac perdu lors de l'expédition précédente au niveau de cette chute fut retrouvé à notre site le soir même, sans doute déposé là par un autre groupe. Je peux vous dire que son propriétaire était bien heureux de retrouver tout son stock.



Il y avait aussi de belles vagues à surfer dont une vraiment géniale pour moi et Guido. On a pris pas mal de retard sur le groupe à cause d'elle, LOL. 

Une autre activité prenante m'a mené à presque manquer le service de repas du midi: la pêche à la mouche qui cette fois-ci fonctionna avec une belle petite truite que je relâchais ensuite. Adrienne m'avait heureusement réservé une part du repas; merci à ma douce.


Puis nous avons poursuivi à travers la vallée des aigles ou certains rafteurs ont pu essayer un des deux sportyaks apportés par l'équipe de Noryak. Arrivés au grand site de l'ile du chablis, chacun pu prendre ses aises et profiter de la magnifique nuit étoilée sans lune.


Le jeudi matin, après un délicieux déjeuner, nous avons pagayé la fin de la section plus tranquille puis rejoint le plus beau rapide à mon gout: "le saxophone". Un beau crescendo en R3 puis R3/4 qui finit par un S4 avec au moins un beau surf sur le chemin.


On a poursuivi à travers plusieurs rapides de difficulté moindre et Adrienne a emprunté mon kayak après le lunch. Après une bonne quinzaine de kilomètres parcourus ce jour-là, nous sommes arrivés tôt au site de la pétanque, vers 14h. On a bien sur joué au jeu susmentionné, tradition et galets adaptés obligent. John et Austin ont ravi la victoire 5-4-4 au grand désarroi des deux autres équipes.


Le vendredi s'annonçait comme une journée bien remplie avec quelques rapides de classe 4 (voire R5 d'après la carte), un lac de 5km avec vent de face et, au bout, un démontage des catarafts qui devaient reprendre l'hydravion. Le plan était donc de partir tôt, ce que nous avons accompli avec un départ record à 7h45. 

Côté rapides, le 2ème pallier de la chute des femmes, les dalles, la chute de la confiance et Boréalis nous ont apportés une quantité parfaitement dosée de plaisir et de défi.


Un des deux rafts a eu plus de misère au dernier rapide (Boréalis) car un arrêt brutal dans un seuil a fait chavirer l'embarcation. Tous les occupants, guide inclus, se sont retrouvés à l'eau. Heureusement, plus de peur que de mal et tout le monde a pu réintégrer le raft assez vite.


Après une bonne dizaine de kilomètres, nous avons rejoint la "Magpie Gorge" qui, je pense, donne son nom innu à la rivière. Mûtehekâu Hîpu signifie "la rivière où l'eau passe entre des falaises rocheuses carrées". Nous avons campé dans le sentier de portage pour cette dernière nuit. La distance est de 900m + 600m (interruption pour passer de la rive droite à la gauche en kayak ou en quai flottant).


Moi et Guido avons portagé une partie de notre équipement dont les kayaks en fin de journée afin de faciliter le reste du portage samedi matin. Ceci nous a permis d'aller visiter le bas de la gorge où nous avons vu un cormoran pêcheur et des mouvements d'eau peu attirants dans cette gorge étroite où 100 m3 d'eau passent à chaque seconde.

Normandin (par la Boisvert)

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