Tuesday, May 23, 2023

Rivière aux rats

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Fin mai 2023

Débit: moyen-bas (Vermillon entre 50 et 60)

Parcours: du km 38 au St-Maurice

Classe: 1-2 (3)

Frais à prévoir: passage du pont, camping ZEC, navette (grosso modo 100$/couple)

Portage: 4 portages courts mais peu parcourus + 2 embâcles impassables lors de notre descente

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Tôt ce printemps, on m'avait reparlé de la rivière Wessonneau et en me documentant je suis tombé sur ce bon parcours de la rivière aux rats. Un classique de printemps, plsu ou moins abandonné par certains clubs de canot depuis le bris du chemin longeant la rivière. 

Ne me décourageant pas si vite, et après avoir fouillé un peu et contacté la ZEC, je me suis rendu compte qu'une autre façon de faire la navette était possible si on était près à faire un parcours d'une quarantaine de kilomètres et plusieurs portages. C'était de belles nouvelles pour notre petit groupe qui a alors mis cela au planning.

Rendus sur place tôt le samedi matin, nous sommes monté en 4x4 jusqu'au km38 en passant par le chemin venant du sud (direction Lac du Pasteur sauf pour les derniers kms). Nous étions 4 avec un canot duo et 2 kayaks et nos autos étaient restées à l'acceuil de la ZEC. Le chemin qui longe la rivière aux rats n'est pas une option car il est détruit par endroits.

Nous avons parcourus une petite dizaine de kilomètres ce premier jour nuageux avec une belle falaise sur la rive gauche. À 3 reprises dont 2 back à back, nous avons du portager rive droite autour de seuils encombrés de roches.



Les portages courts, de difficulté moyenne, sont peu fréquentés mais sont encore ouverts. Les accès depuis l'eau ne sont ni indiqués, ni évidents mais les seuils, tous précédés d'eau calme, sont facilement repérables.



Le directeur de la ZEC, Jean-François, nous avait prévenu qu'on allait croiser un regroupement de ponts flottants lors de notre première journée. La ZEC construira peut-être un pont à cet endroit car c'est un peu spécial de bloquer la voie d'eau comme cela... (dans un planiol au moins)


Après quelques rapides dont un beau R3 avec juste assez d'eau, on s'est installés environ 2km plus loin dans un grand GC au km 31. Il a plu en fou toute la nuit mais on se consolait en se se disant que ca aiderait avec le niveau d'eau. André et Valérie nous ont payé la traite avec de très bons repas bien copieux: souper de saucisses et déjeuner Egg Mc Muffin. Protégés sous la bâche, on ne pouvait pas se plaindre.

Le lendemain, le temps s'est amélioré assez vite contrairement à ce que le prévisions météorologiques avaient annoncé. Ca nous a permis d'apprécier les falaises qui continuaient d'agrémenter le paysage de cette belle vallée.

Avant notre première section de longs rapides, il y avait aussi un dernier portage autour d'une série de quatres seuils (2e photo de seuils plus haut). C'était plaisant de pagayer dans cette petite rivière avec un niveau encore plutôt bas mais correct.


La prochaine section de 4 kms, située entre deux ponts, est constituée de longs rapides faciles mais nous avons rencontrés à deux reprises des arbres barrant complètement la rivière juste après une courbe. Il faut un certain niveau de compétence et de vigilance pour pouvoir s'arrêter à temps avant ce genre d'obstacle dangereux.


Puis, arrivés au pont du km7 du chemin dans la ZEC (km14 du chemin sur la carte de Charles Leduc), nous avons pris une belle pause ensoleillée qui nous a permis d'oublier la pluie de la nuit précédente. Repartis sur l'eau, on a profité d'une belle section de longs rapides continus sous le soleil.


Au km16.5 restant sur le parcours (carte plein air), l'embranchement de gauche est complètement bloqué par des empilements d'arbres. Il faut là encore manoeuvrer pour éviter de se pinner contre un tronc et prendre le canal de droite que la rivière semble avoir agrandi récemment en grugeant dans la rive droite sabloneuse. On comprend comment la route qui longe la rivière a été détruite il y a environ 8 ans. Il faut donc être à l'affut des arbres en travers dans les prochains kilomètres ou l'eau-vive et les R1 se poursuivent.


Par exemple, un peu plus loin, on croyait arriver à une impasse mais finalement le canal de droite permettait de passer. La fatigue commencait à se faire ressentir après les vingt kilomètres parcourus.


Finalement, après avoir longé une belle falaise et après le pont situé à l'entrée de la ZEC, on s'est arrêté  sur une grande plage de galets et sable avec une aulnaie en arrière. Une petite clairière a acceuilli nos tentes et nous avons observé longuement une volée d'hirondelles et entendu le cri rauque d'un couple de grues du Canada volant au loin. Nous ainsi que comète dite "la japette" avons passé une très belle soirée. Surtout le soir autour du feu et plus tard dans la tente quand nous avons pu écouter la parade nuptiale de bécasses d'amérique.



Le lendemain, repu d'un bon risotto aux cèpes et bolets, il nous restait à faire une dizaine kilomètres de méandres sous le beau soleil. Avec le courant bien présent et le chant des parulines pour nous distraire, cela n'a pas été difficile et nous sommes arrivés pour le diner à l'accueil de la ZEC. C'était le fun d'aller jusqu'à l'embouchure avec le Saint-Maurice pour voir la jonction des rivières.


Note: Une mise à l'eau dans la section basse (exemple en partant du pont situé à l'entrée dans la ZEC et en allant jusqu'à l'embouchure) permettrait un beau parcours accessible d'une journée (environ 12km).




Wednesday, September 7, 2022

Spanish

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Fin d'été 2022

Débit: moyen-bas (Kinojevis entre 18 et 24; Ruisseau Ministic 02CE007 entre 3.18 et 3.3)

Parcours: Biscotasing à Agnew Lake Lodge

Classe: EV-1 (2,3,4) - 2 grands lacs et plusieurs petits

Portage: 1850m répartis sur 9 portages (donc en moyenne 200m chaque). Il y a aussi deux autres endroits ou on a fait une cordelle courte.


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Après avoir passé la nuit chez SRO/Fox Lake Lodge, Wayne nous a amené au train à Cartier, ON pour prendre le train qui a eu une heure de retard environ. Déposés à Biscotasing, nous avons mis à l'eau accompagnés par un couple d'américains qui partaient en même temps que nous mais pour un parcours un peu moins long.

Note: Prévoir $3 comptant pour la mise à l'eau.

Il y avait peu de vent sur le lac Biscotasi alors on a rejoint un premier site facilement après 11km. C'était sur un ilot un peu au nord de Wind point, pointe que l'on doit contourner pour ensuite redescendre au sud toujours sur ce grand lac. Ce que nous avons fait le lendemain en nous dirigeant ves les barrages 1 et 2 qui sont côte à cote. Le portage est court à coté du #2 donc ca vaut la peine d'avoir regardé la carte.

Arrivés sur la rivière Spanish, nous sommes rapidement arrivés au premier obstacle: Lillie Falls, un seuil encombré de 2 mètres environ. Après un portage court et facile, on remarque que le niveau d'eau semble vraiment bas...

Puis on rejoint le rapide Lillie (une cascade puis deux rapides distincts) qu'on étudie un peu mais malgré que les deux rapides classe 3 soient descendables, le niveau d'eau bas nous dirige vers le portage qu'on ne fait que partiellement car on décide de camper au beau site rive droite. Il fait bon, les nuits ne sont pas froides. Il pleut un peu par moment.

 

Le lendemain, on descend le prochain rapide classe 2 "Stovedoor" avec ce bel artefact dans le sentier de portage. On croise les américains qui ont campé là et ils nous disent que le niveau d'eau a monté par rapport à la veille. Bonne nouvelle!

Un peu plus loin, un autre rapide faisable "Bazett" mais il débute par un seuil de 1m dans lequel on craint remplir un peu trop. La suite étant un beau R2/3 à ce niveau d'eau bas mais suffisant, on trouve une façon de juste faire le début du portage et de descendre la majorité du rapide. Je filme les américains, peu expérimentés, qui s'en sortent sans trop de problème.

"la gorge infranchissable d'après la carte", ce qui doit être vrai au printemps

On a campé à l'avant dernier site avant le pont. La météo était à la pluie intermittente mais on avait pas froid et il y avait de belles éclaircies. Du sang dans le canot provenant de mon orteil me fait réaliser qu'une sangsue s'est bien régalée. Je me suis vengé un peu plus tard quand je l'ai retrouvée au sol, repue, près du canot: je m'en suis servi d'appât pour pêcher. J'essaye aussi un peu avec une fausse écrevisse trouvée sur place mais un doré m'échappe malheureusement.

Au matin, je note que le niveau d'eau à clairement monté en remarquant des roches recouvertes sur lesquelles j'avais marché la veille. On part et ceci est confirmé au rapide sous le pont qui soudainement semble bien juteux mais qui présente une ligne évidente.

Un autre rapide agréable suit puis on traverse le lac Cavana qui termine par un beau passage étroit dans lequel on se baigne avec le courant et le soleil. Paradisiaque!

On poursuit avec les rapides Sinker et Line qui, étant plus larges, nécessitent un repérage pour déterminer la trajectoire avec assez d'eau. Au rapide Hook, un S4 (photo ci-dessous) que l'on portage, on trouve un exemplaire plus vieux de la carte. On enchaine avec le rapide Tourville, long et plutôt large lui aussi, qui reste bien agréable à naviguer. On croise un canot abandonné en état apparamment fonctionnel. On se demande quelle est l'histoire derrière cet abandon.

Après cette bonne journée, on est heureux de trouver un site, non indiqué sur la carte récente, à mi chemin de la traversée du lac Lebell. Les sites, bien signalisés, ont souvent peu d'espace bien plat pour la tente mais vu que nous ne sommes que deux c'est plus facile à gérer. Notre progression nous semble bonne mais on commence à se demander si on va réussir à caser un jour de congé car il nous reste 117km en 8 jours. Pour les autres nouvelles du jour: je vois une salamandre et j'attrape un doré. (non, je ne l'ai pas utilisé comme appât!)

Le lendemain, on trouve le rapide Lebell au bout du lac du même nom. C'est un rapide de classe 3/4 qu'on décide de portager. La chute Breadner plus loin nécessite aussi un court portage mais les rapides qui précèdent et qui suivent sont plaisants.

Finalement le dernier rapide de la branche Ouest "C3" (R3 comme sont nom l'indique) est bien tentant mais c'est en effet classe 2/3 à 3 et il est très long (5 méandres, environ 500m) alors après un long repérage, réflexion, palabres et même une nuit de sommeil portant conseil (on remonte au site juste en amont pour la nuit), on décide de portager sécuritairement le lendemain alors que le niveau varie encore à la hausse.

Une section de méandres termine la branche Ouest et on rejoint la branche Est de la rivière Spanish à l'endroit nommé "Forks". Un train de marchandise passe de temps en temps. Je me demande comment l'arrêter en cas d'urgence car, contrairement aux trains passagers courts de Via, ils sont très longs et ca doit prendre du temps pour freiner...

Note: les trains de Via passent une fois par jour en milieu de journée vers le nord ou vers le sud alternativement excepté le lundi

On campe juste à la fin des rapides Athlone pendant lesquels on pratique nos bacs arrières. On a réalisé en analysant C3 que ralentir dans un rapide est critique quand un rapide difficile est long et c'est un point que l'on souhaite améliorer. Ensuite, on mange très bien comme à tous les repas et, encore une fois, pas de nuit étoilée.

Le lendemain, on prend le temps de faire le sentier qui mène au barrage du lac Pogamasing. Au retour, on voit passer un groupe de 4 gars dans 2 canots qu'on reverra juste plus tard le même jour. Il y avait eu aussi un père et sa fille dans un canot qui étaient passé devant notre camp l'avant veille. Eux, on les reverra le soir même de loin et aussi au lac Spanish. Généralement parlant, on a pas vu grand monde pendant 12 jours.

Après 25km ce jour là, on arrive au rapide "Cliff" avec en effet une superbe falaise. Il y a un peu plus de moustiques et brulots qu'ailleurs pendant l'expédition mais ca reste une quantité faible très gérable. Après une petite marche de soirée et un bain rafraichissant dans la rivière, on se couche à la brunante comme chaque soir.

Le lendemain, je trouve une libellule quasi noyée dans l'eau et je tente une manoeuvre de réanimation. On la laisse semi vivante à notre spot de lunch où on croise aussi un couple de couleuvres furtives qui s'occuperont de son cas si elle ne réemerge pas de sa torpeur.

La température baisse un peu et après une longue journée de 24km, on campe à "Elbow" qui est l'endroit de sortie relié à Spanish River Outfitters. Il y a 2-3 quatres roues qui passent sur le chemin mais personne après cela. Je trouve des lyophilles en touffes qui ont un délicieux gout fumé je trouve. Adrienne n'est pas du même avis et préfère en rester aux plus classiques chanterelles, russules dermatosées et cortinaires ridés.

Le lendemain, il y a du stock avec la section du cimetière. Little Graveyard pour commencer nous force à une cordelle pas si évidente rivière droite. Puis un rapide qui se fait bien suivi du portage court de Big Gravyeard. Et le dernier seuil "Cascades" ou on rencontre un groupe de 3 canots avec parents et enfants qui avaient vécu des misères deux jours plus tôt à Little Graveyard (ils ont manqué le panneau indiquant le portage et une grosse nage un peu dangereuse pour tout le monde s'en est ensuivie...). De notre côté, on effectue une cordelle que l'on planifie étape par étape concernant les déplacements de roche à roche car le seuil va faire accélérer le canot considérablement.

Au lunch, on se fait un pain bannick fourré au champignon homard, cheddar et hummus. Miam, quel délice!

Arrivés ensuite au prochain rapide "Agnès", j'effectue la reconnaissance pendant qu'Adrienne fait une sieste (erreur). Au rapport, je l'informe que c'est un go mais qu'il y a une manoeuvre gauche vers centre à ne pas manquer en bas de rapide (photo du bas ci-dessous). On s'attêle à la tâche et on réussi la ligne planifiée au grand bonheur de ma dulcinée.

Une longue section d'eau-vive commençant par le rapide des cèdres est maintenant devant nous pour une prochaine petite trentaine de kilomètres! Quelle belle réalisation étant donné que le débit d'eau est encore bon. Il y a un beau site au milieu de Cedar Rapids alors on campe là. Adrienne peint le paysage et moi je le prend en photo.

Après une neuvième nuit de beaux rêves, on repart avec le beau temps pour la longue section d'eau vive relax. On arrive pour la pause midi au site faisant face à une colline remplie de grands pins blancs et on décide de prendre un après-midi de congé et de rester là pour la nuit. Je pêche mon plus beau doré de l'expédition (à vie en fait), ce qui nous nourrit pour le soir et le lendemain midi. Merci Phil, André et Étienne pour les bons conseils de pêche!

 L'avant dernier jour en a été un de transitions:

de la rivière au planiol élargi précédant le grand lac, 

de la forêt de conifères matures aux marais d'érables argentés surplombés de peupliers faux-trembles dans les hauteurs, 

du vent de face au vent de face...

On a généralement eu beaucoup de vent pendant ces derniers jours et ceci est devenu plus ennuyant alors que la longue section d'eau vive touchait à sa fin et qu'on pagayait en après-midi pour se rapprocher du lac Agnew. 

Une fois arrivé au dernier site de campement situé encore dans les limites du parc, le vent fort continuel nous a fait réaliser qu'il faudrait partir tôt le lendemain. 

À défaut d'orignal, d'ours ou encore de loup, une souris a fait une brève apparition lors de cette dernière soirée de l'expé. On a vu aussi de nombreux rapaces et oiseaux pendant notre long parcours (pygargue à tête blanche, aigle pêcheur, buse à queue rousse, branle queue, becs scies, martin pêcheur dont un qu'on a vu plonger). On a pas vu de bleuet à part une pauvre baie toute seule dégotée par Adrienne.

Le dernier à jour qui était la traversée du lac Agnew jusqu'au point de sortie, on s'est levé à 5h et on a décollé à 7h pour arriver à 9h après 9km sans vent gênant.

Wednesday, May 25, 2022

Matawin Ouest et Supérieure

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Fin mai 2022

Débit: haut - station 50119: 100m3/s (samedi am) à 75m3/s (lundi pm)

Parcours: 12(a) + 17(b) + 10(c)

Classe: EV-1 (2,3)

Portage: deux embâcles de bois sur la Matawin Supérieure entre le lac Chargé et la baie au Rat

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Bénéficiant d'un haut débit dans la Matawin Ouest, nous avons opté pour cette région de la haute Lanaudière. La météo annoncée comme pluvieuse et froide permettait de croire que les mouches ne seraient pas en surnombre. La fin de semaine fut en effet très tolérable à ce niveau, surtout lors de la soirée froide de dimanche. Le lendemain matin, après une nuit proche de zéro, il y avait du givre sur nos affaires.

C'est aussi la fin de semaine ou il y a eu une tornade qui a fait beaucoup de dégats dans les régions au nord et à l'ouest de Montréal. Elle est passée juste au sud de nous car la limite était à St-Michel-des-Saints d'après ce que nous avons vu sur la route du retour (arbres déracinés et branches cassées). On avait entendu deux alarmes pendant que nous faisions notre navette de fin de journée après la section Mosquic-Odelin le samedi. Alors, on avait démonté le camp et on s'apprêtait à se réfugier dans les autos... Mais finalement, on a été chanceux et on a juste vu et entendu des éclairs et du tonnerre au loin en fin d'après-midi.

Pendant les heures qui ont précédé le passage de la tornade, notre première section a été sur la Matawin Ouest du lac Mosquic au lac Odelin. Elle est décrite sur le site cartespleinair mais il y a en fait plus de rapides que ce qui est indiqué sur la carte. Pas mal de courant, rapides de classe 1 et même un bon R2 au km73.5, en tout cas avec la jauge à 100m3/s. Ca prend ce débit car on sentait tout de même les roches par endroit. Quelques embâcles franchissables et un pont plutôt bas ont aussi ponctués le début du parcours.


Notre deuxième section, une "first D"?, était de partir du pont en amont du lac Chargé. Cette section plutôt tranquille jusqu'à la jonction avec la Matawin Ouest contient tout de même 3 sections de rapides classe 2(3) de 150 à 350m de long au niveau de chacun des ponts croisés (mis à part celui du chemin principal ou la rivière est calme). Aussi, à deux reprises, les embâcles de bois nous ont forcés à sortir de nos embarcations.

Rapide à Shlo-Reine, la portion classe 3 (à 300m après le pont; précédé de classe 2)

 2ème embâcle forçant un mini portage

 

 Et deuxième rapide avec un passage classe 3, "le coude de la pitoune" (R1/2 précède)


Et pour notre troisième journée, nous avons descendu du km54 au km44 sur la Matawin Ouest. Un beau classique à 80-75m3/s avec la section des rapides Boisvert et aussi l'ile avec le S4 d'un côté. Comète, la chienne d'André et Valérie n'est même pas tombé à l'eau!






 



Friday, September 10, 2021

Circuit en boucle Tortue - Haute Kipawa

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Fin Août - début Septembre 2021

Débit: bas

Parcours: environ 155km

Classe: lacs + rivière sur 15% du parcours (qq R1 et R2, 1x R3 et aussi 3x R4 et une chute)

Portage: une dizaine d'en moyenne 300m

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L'idée de faire ce circuit nous est venue en lisant les pages 57 et 58 du livre "Rivers of the upper Ottawa Valley" de Hap Wilson. Je me disais au départ qu' on ferait des portions à contre-courant pour surtout explorer la portion est mais finalement un document de la ZEC Kipawa nous a orienté vers la boucle "les aventuriers".

Les infos disponibles étant tout de même limitées pour certaines sections de la boucle, on a continué les recherches en lisant un ancien relevé de la FQCK puis en fouillant sur le site Accès Plein Air (accespleinair.org). Ceci nous a permis de mieux localiser les sites de camping déjà relevés. Je me suis ensuite créé mes propres cartes à partir de cartes topographiques gouvernementales en ligne en y ajoutant les sites, rapides, portages et autres infos.

Après plusieurs journées à préparer le matériel, la bouffe pour 14 jours, le PAU, etc... Nous étions donc prêts pour nous lancer à l'aventure le 21 août en soirée.

Ça commence par 7-8h de route pour se rendre au Temiscamingue mais au moins notre accès n'était qu'à 30km sur le chemin de pénétration (lire tape-cul). Nous n'avions pas de navette à faire vu que nous revenions à notre point de départ au bout de la boucle. Un avantage certain des circuits à majorité de lacs. On s'était aussi enregistré dans les deux ZECs traversées (Restigo=gratuit, Kipawa=15$/semaine). Ceci est possible en ligne à l'avance pour la ZEC Kipawa et on l'a fait en personne pour l'autre ZEC car l'accueil est sur le chemin.

Donc on s'est lancé sur l'eau le dimanche soir vers 18h pour une courte distance. Ce premier site sur une petite ile était beau et la canicule, qui allait rester installée jusqu'au jeudi, nous assurait un bon confort côté température de soirée.

Les jours suivants, cette même canicule faisait qu'on essayait de commencer tôt pour ne pas trop avoir à pagayer à la grosse chaleur. Vu qu'on a quand même fait des bonnes distances les premiers jours (proche de 20km), cela marchait plus ou moins. Heureusement, la baignade était salvatrice et l'indécence n'était pas un problème vu qu'on ne croisait personne (à part un bateau à moteur au loin certains jours). Pour les sites de camping, on les trouvait facilement grâce à nos cartes et ils étaient très beaux la plupart du temps.

Arrivés à Hunter's Point où il y a de nombreux chalets, on a visité une église qui n'est plus utilisée depuis les années 60 mais qui tient encore debout. Il y a des noms écrits très haut sur les murs intérieurs et on se demande par quel miracle ils ont pu être inscrits là. Il y a aussi un piano éviscéré qui décore encore l'étage.

Le site que l'on réussit à trouver avant le premier portage est un terrain accessible par le lac et aussi par un petit chemin de 4 roues en arrière. Il y avait un bateau abandonnée et une vieille roulotte en mauvaise état mais peut-être encore utilisée. Après avoir installé une partie du camp et au moment de monter la tente, on remarque finalement les plants de pot bien en évidence pourtant...

On est pas mal accablé par la chaleur alors on décide de s'installer là tout de même. On se dit que si le cultivateur "en herbe" se présente, on gèrera la situation. Le matin, on se lève tôt et on décampe avant 8h (les autres jours, plutôt entre 9 et 10). Paradoxalement, ça aura été le site le moins relaxant de tout le voyage.


Les entrées des portages du lac Bouleau, Pommeroy, à l'eau claire et Saseginaga se trouvent facilement. Il y a juste celui qu'on rejoint au centre du lac à l'eau claire qui a en fait deux entrées (on prend la 1ère sans savoir ce détail) et donc de bonnes chances d'ajouter 300 mètres au portage. Généralement, on est capable de faire chacun deux allers-retours seulement. Ce sont des sentiers bien dégagés et en pente douce qui permettent une progression facile (à part quand un groupe de gélinottes se déplaçant pas à pas ou des champignons homards, les seuls de cette quinzaine plutôt sèche, ralentissent notre progression). 
 
On croise souvent des vestiges de la drave (rails, rampes, charriots, roues, ronds de poêle, ...). C'est comme un musée à ciel ouvert sur le transport terrestre et les camps mis en place pendant cette période. Un castor fait sa propre interprétation en bâtissant sa hutte sur deux rails en bord de lac.




On se réveille à notre site du lac Saseginaga exposé au vent par un matin frisquet. La canicule est terminée et on s'habille plus que précédemment. En général, côté bibitte, il y en a eu peu que ce soit avant ou après la canicule. La journée, des mouches nous piquottent les chevilles dans le canot et le soir les brulots ont leur happy hour mais c'est à peu près tout.

Au lac Ogascanane, un camp de pêche s'est un peu accaparé la place et un site de Hap Wilson est maintenant non disponible pour les canots campeurs car un chalet y est installé. 
 
Le lendemain, il pleut fort et, arrivés au lac des loups, on ne trouve ni le GB ni l'église indiqués par un document de la FQCK. On se dit que c'est sans doute du à la vingtaine d'années qui se se sont écoulées depuis ce relevé. 
 
On est soulagé lorsque la pluie se calme l'après-midi. Dans nos camps, un de mes plaisirs a été de monter un beau coin cuisine avec un coin feu pratique. Et un autre de nettoyer la place car beaucoup de gens ne semblent pas savoir bien se comporter en nature avec leurs divers déchets. À quand un cours "Sans traces pour les nuls"?


Après plusieurs jours sur des lacs, on allait entrer dans une portion de rivière. Les portages nous ayant fait gagner quelques dizaines de mètres d'altitude, il était temps de redescendre et ce par la rivière Kipawa, rien de moins. Côté faune, les grands groupes de huards et de becs scies laissent la place aux loutres et aux rapaces.
 
Après le passage peu évident d'un ancien mini barrage, on entre dans la rivière qui est calme pour les premiers kilomètres et qui forme un couloir de vent. La progression n'est pas facile sur quelques kilomètres. 
 
La rivière se rétrécie quelques kilomètres avant un pont et offre quelques premiers rapides de classe 1 ou 2. On s'arrête juste après le pont à un très beau site ou on restera en place. 
 
Pendant la journée de congé de canot il fait beau. J'attrape un gros doré qui complémente notre plat de pâtes très avantageusement. Je me remets aussi d'un mal de dos assez sévère qui heureusement s'atténuera à partir du lendemain.
 
 

Il fait très beau le jour ou en reprend notre parcours. On rencontre plusieurs rapides dans cette très belle partie de la Kipawa. La plupart se font mais un d'entre eux, coté R4, nécessite en effet un portage à cause des roches mal placées.


 


Le rapide Elliot, un rapide de classe 3 que l'on a la chance de pouvoir descendre car le niveau d'eau est bas (mais pas trop bas), nécessite deux halages au niveau de cassures situées en cours de rapide. On prend bien le temps de planifier le plan de match complet pour ce long rapide et on exécute sans accrocs.

Un peu plus loin, on s'arrête au magnifique site de la chute Turner. Wow! Après l'installation du camp, un magnifique arc-en-ciel nous émerveille pendant une dizaine de minutes. On remarque qu'un nuage se forme au-dessus de la chute à cause de la brume.
 
 
Le grand pin blanc brisé a perdu de sa majesté mais j'essaye tout de même de capturer son aura. 
 

Je vais pêcher au bout du portage et j'attrape un brochet que je décide de relâcher car je suis moins friand de sa chair et aussi parce qu'il n'est pas blessé.
 
Le lendemain, il y a un autre rapide qui se fait, après un bon repérage encore une fois, et on arrive ensuite au grand lac Sairs. On avait un peu perdu l'habitude des plages et celles qui se déploient à l'entrée du lac sont de toute beauté.


Puis on s'arrête au bout du lac. On a le gout de se baigner car il fait beau et que la température est agréable. Mais juste avant, on voit ressortir une grosse bulle de gaz qui remue la vase juste devant nous. Quel était donc ce phénomène bizarre?

Je tente un peu de pêche à l'embouchure de la rivière aux jardins mais un brochet, sans doute très grand, casse ma ligne à deux reprises. Ce ne sont ni mes noeuds qui ont lâché, ni le brochet qui a coupé la ligne avec ses dents mais bien mon utilisation incorrecte du frein du moulinet qui m'a valu ce cuisant échec. On apprend. 
 
Un feu de camp pour le plaisir et un beau ciel étoilé me console de cette mésaventure. En me couchant, je pense au brochet et lui souhaite de réussir à se déprendre de mes lignes...


Le lendemain, on portage autour d'un  rapide de classe 3/4 qui s'appelle les chutes enragées. Ça doit être enragé à haut niveau mais à notre passage le nom choisi nous semble un peu exagéré. Cependant, il est certain qu'on portage car, même à bas niveau, il n'est pas réaliste de descendre cette série de petits seuils en canot d'expé, surtout sans coéquipiers pour nous assister.

Pour la deuxième fois du parcours, on croise un groupe de loutres. Ils reniflent fortement et grognent un peu pendant qu'ils nous observent en sortant leur tête de l'eau très haut grâce à leur long cou et à leurs talents de nageur. Une d'entre elles ressort de l'eau avec un poisson dans la bouche.

Le camp de notre 12ème nuit est situé en hauteur sur un île. On cohabite avec au moins un écureuil roux pas du tout peureux qui essaye à tout prix de trouver quelque chose d'intéressant dans nos affaires. On serre même le filtre à eau par gravité parce qu'il grimpe dessus avec ses petites griffes acérées. 
 
J'attrape un très gros ouitouche mais je le relâche car il y a quand même beaucoup d'arrêtes dans ce poisson-là. Puis si les petits sont bons en friture, je suis moins sûr pour les gros.

Au prochain site, nous avons deux rapaces comme voisins. Le pygargue nous observe et nous observons le pygargue sur son arbre perché.
 


À notre passage à chute-du-pin-rouge, on confirme qu'il n'y a pas de chute sous le pont. Est-ce parce que le niveau d'eau du grand lac Kipawa a été relevé par un barrage? Les souches d'arbres morts innondés semblent confirmés cette piste. Il y a beaucoup de chalets à cet endroit.

On s'arrête dans une baie à l'écart des chalets et on entend notre meilleur concert de huards du périple. Deux couples de ces oiseaux, très talentueux, se complémentent et se répondent d'un bout à l'autre de la baie Ferguson. Il y a une drôle de toilette sur ce site.


Entre un portage de 70 mètres et un maigre, on opte pour le deuxième choix qui nécessite un mini hâlage. Il y a du vent pour notre dernière journée et tenir le cap dans les bonnes vagues n'est pas évident. On rejoint cependant le dépôt Mungo sans encombre bien heureux d'avoir compléter la boucle.
 

Normandin (par la Boisvert)

******** Fête du travail 2026 (en 5 jours du 31 aout au 5 septembre, incluant un premier jour sans canot) Débit: moyen-bas (Ashuapmushuan es...